AUTOSPORT France……..1ère!

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Updated: February 24, 2013
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1ère chronique Autosport France N°1

« Après toutes ces années, il reste trois choses que j’aime par dessus tout, dans la course. La première, c’est voir mûrir mon fils Adrien et suivre sa carrière. Il court pour Audi en DTM. Croyez-le ou non, il en a bavé pour arriver à ce niveau. Deux « shoot-out » contre dix pilotes, des entretiens serrés avec Emmanuel Pirro, puis avec le Dr Ullrich qui« lui » lui aura au moins donné sa chance, et une brillante première saison où il a su la saisir… On est loin des valises de dollars qui achètent tout. Depuis, le plus difficile a commencé, il doit progresser, briller, puis gagner et gagner de plus en plus…Quand j’imagine ce qu’à vécu Jules Bianchi depuis 2 ans, pendu au téléphone, à attendre sans pouvoir agir, que Ferrari ou Force India le confirme (ou non) en F1….Motorsports / DTM 2012, 8. race at Oschersleben

Je les connais tous les deux, ils ont débuté ensemble, ainsi que Vergne et Pic. J’espère que Jules et Adrien réaliseront la carrière qu’ils méritent. Avec du travail et de l’application. Avec une vraie conscience du privilège de leur position de pilotes professionnels, cela devrait être possible.

La seconde chose qui me passionne, c’est de tenter de maintenir en vie, de faire connaître et de transmettre les aventures et les belles histoires de la course, ce patrimoine, cet héritage, richesse de toutes nos passions…C’est pour cela que j’ai créé www.motorposts.com. Car, nous avons tous, tout appris d’elles. La réussite, l’ambition, la trahison, la déception, la victoire, la défaite, le succès, la reconstruction, les blessures… Tout cela fait partie de la course. Des leçons que l’on apprend tôt – parfois trop – mais que l’on n’oublie jamais et qui vous construisent, car comme le disait le philosophe allemand Friedrich Nietzsche « tout ce qui ne tue pas rend plus fort… ».

Regardez bien : la plupart des « gens du métier » sont devenus ce qu’ils sont grâce à ce qu’ils ont appris en se battant en piste et hors piste. Ce combat est formateur et vous marque pour toujours. La course est peut-être devenue un sport qui peut paraître un peu désuet, mais elle doit aussi être reconnue comme une véritable école de la vie. Etrangement, ce n’est pas en F1 que j’ai le plus appris, mais sur les pistes du Dakar, aux cotés de Dominique Lemoyne. Cela dure trois semaines, avec des hauts et des bats, des déceptions et des moments d’euphorie. Mais, chaque fois, j’ai appris à ses cotés que dans le désert, dans le sable et dans cette épreuve loin de tout, comme dans la vie, qu’il ne fallait jamais – jamais ! – rien lâcher.img007

La Formule 1 ? Je réalise aujourd’hui mes erreurs de gestion et d’appréciation de la situation, je trouvais ça normal et que je m’y trouvais naturellement. Que j’aurais dû considérer mon statut d’alors comme un réel privilège, une chance unique au monde. Idem pour mon aventure avec Ferrari. Je m’aperçois seulement maintenant, avec le recul, que j’ai eu trois occasions de piloter en F1 à la Scuderia, ce qui n’est pas arrivé à beaucoup de monde, et que je n’y ai pas réellement su saisir ces chances. Mais lorsque l’on est jeune, on fonce, on ne réalise qu’ensuite ce qui se passe vraiment autour de nous.

Cela m’amène à un troisième centre d’intérêt, que nous partageons vraisemblablement, vous et moi. Il concerne l’avenir de la course et des Grands Prix. Que seront-ils dans cinq ans ? Courra-t-on encore ? Avec quoi ? Où ? Délicate question et bien malin celui qui pourrait y répondre. Seule certitude : la confrontation, la compétition qui fait les vainqueurs et les perdants, elle, sera toujours là. J’ai dernièrement posé cette question à Jean Todt, Président de la F.I.A., et selon lui, « Je vois la compétition des sports motorisés comme une manière excitante et ludique de contribuer à faire progresser, de par sa notoriété, tous les standards de sécurité liés a l’utilisation des infrastructures routières de façons plus sur dans le Monde entier… ».JT souriant AGA 2012 Portrait

Mais pour en revenir au futur, peut-être sommes nous simplement en train de nous adapter à une nouvelle situation et à réinventer la course. Les Kers, hybrides, petits moteurs de petite cylindré turbo compressé, hydrogène… sont peut-être les premiers signes des moyens techniques qui seront à utiliser pour une autre forme de course. A la fin des années 60, avec les filières naissantes, nous inventions aussi un sport moderne qui n’existait pas encore dans les regards des gens. Jean-Pierre Beltoise, François Cevert, Henri Pescarolo, Alpine, Matra, Renault, Peugeot, Citroën, Mchelin, Elf et consorts créaient un sport qui allait prendre beaucoup de place, créer des vocations, faire rêver les enfants et pousser ainsi l’industrie automobile française. Des gens comme eux, comme Tabarly et Killy ont défriché des territoires inconnus. Notre sport en est peut-être là : en train de se réécrire. A ce propos, la F1 de 2014 actuellement en gestation, réinventera certainement aussi la F1 de demain. Tout cela pour vous dire qu’avec Canal +, trois ou quatre pilotes français en F1, Autosport en Français, les nouveautés ne vont pas manquer, mais ce qu’il nous manque, pour l’instant, c’est de nouveau accueillir sur nos terres un Grand Prix de France de F1 qui, l’Histoire s’en souvient, l’y a vu naitre… A très vite !

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4 Comments

  1. jftherman

    February 24, 2013 at 7:04 am

    Merci pour cette chronique… Ceux qui aiment le sport savent que rien n’est facile, que l’argent ne remplace ni le talent ni le travail…et que c’est souvent dans la douleur que s’écrivent les plus beaux lendemains. A bientot.

  2. Letmichaelpassforthechampionship

    February 24, 2013 at 4:58 pm

    Je ne peux être en total accord avec vous. Je suis inquiet pour notre sport. Je suis inquiet de le voir évoluer comme il le fait aujourd’hui. Alors qu’il a les moyens d’être plus proche du public, il n’a jamais été aussi éloigné de ce dernier. Il vit dans une bulle totale qui, loin de le rendre plus riche, l’appauvrit en quantité, en qualité. Ainsi la situation précaire d’une myriade d’écuries les force à recourir à des pilotes payants souvent financés par des dirigeants politiques de pays peu démocratiques enclins à s’accorder une certaine visibilité au moyen de la vitrine mondiale qu’est la Formule 1.
    Notre sport, sous prétexte de neutralité politique (ben voyons), accepte sans broncher la présence de tels individus dans le paddock. La F1 est, plus que tous les autres sports, la discipline reine de l’argent roi avant d’être la discipline reine du sport automobile.

    Elle est plus uniformisée que jamais : moteurs n’ayant pas évolué depuis 2006 et bridés à 19 000 tours minutes, monoplaces et électronique standardisée (Mclaren Electronic Systems), manufacturier de pneus unique. A propos de ce dernier, il est loin de faire du mauvais boulot : il fait ce qu’il faut pour que le spectacle soit assuré tout en préservant une certaine équité (tout le monde est logé à la même enseigne). Il “sauve” du naufrage le monde de la Formule 1 par des procédés artificiels, parce que Pirelli a compris qu’aller à contrecourant de ce que voulait les équipes était le seul moyen de préserver un show décent. Ils sont en réalité l’arbre qui cache la forêt.

    En effet, un sport qui n’est pas capable de se mettre d’accord pour éviter de subir pendant une saison (voir plus) la laideur des nez brisés à l’avant des monoplaces devrait sérieusement se remettre en question.

    Les équipes, malgré toute cette standardisation contraire à l’essence des sports mécaniques, de l’excellence et de l’innovation, sont toujours aussi dépensières pour un résultat peu convaincant au final et inefficace.

    La FIA fait de grands bouleversements règlementaires au nom de la sécurité pour la saison 2009, rendant les voitures hideuses (notamment avec l’aileron arrière) soit disant pour faire disparaître les mini-ailerons et appendices qui fleurissaient sur les monoplaces. Bilan : des voitures horribles, toujours aussi laide et toujours autant d’appendices partout. C’est ce qu’on appelle un attentat à l’esthétique pour un résultat nul. Des voitures longues (5m de long ! De vraies limousines !), disgracieuses, pataudes, incapables de l’agilité et de la glisse qu’on est en droit d’attendre de la moindre voiture de course. Tout travers ou tentative de glisse sont sanctionnées par des poignées de dixièmes perdues au tour. La course automobile se marche sur la tête. Sans parler du fait qu’avec ces pneus et ces monoplaces, les pilotes ne peuvent pousser à fond tout le temps (Mark Webber disait avoir l’impression de “conduire un chalutier” début 2010) et faire la différence.
    Bilan : Rôle du pilote de moins en moins important pour faire la différence, incidence et importance de la voiture de plus en plus exorbitantes. Ce double mouvement va à rebours des intérêts du sport automobile, incapable de s’autoréguler comme il le prouve actuellement.

    Je ne parlerai même pas des circuits, de plus en plus insipide (quand je pense qu’ils ont fait du 130R un virage qui se passe à fond facile, et que dire du traitement réservé à Eau Rouge…) ou de la couverture télévisuelle, qui efface toute impression de vitesse pour permettre de voir les sponsors, qui empêche toute caméra extérieure à celles de la FOM. Bref, un système vérouillé, sur le déclin, des audiences en baisse alors que de nouveaux marchés devraient largement venir irriguer et compenser les pertes d’audiences européennes.

    Et quand j’entends dire que la F1 permet à l’automobile de tous les jours de progresser, ou de participer au progrès de l’humanité, je pouffe : le KERS ? Il existait déjà sur les voitures de route avant ! L’innovation technologique ? Les F1 de 1993 étaient plus sophistiquées que celles d’aujourd’hui !

    Soyons sérieux, tout est à revoir, il en est de la survie de notre sport.

  3. Dominique Alix Chesnais

    February 25, 2013 at 1:32 pm

    Bravo Patrick , Fidèle à ton bon esprit, magnifique papier, vrai et équilibré et personnalisé par tes sentiments de grand sportif!!

    En revanche Mr Letmichaelpassforthechampionship , (un peu compliqué votre pseudo) vous n’êtes que négatif!!!
    Ce qui serait, de prime abord, capital, serait de ne pas confondre “sport automobile” et “Formule 1″ !!!
    après….!!?!

  4. baloge jeanmichel

    April 15, 2013 at 8:11 pm

    bonjour,

    Bravo à Letmichaelpass….il a raison à 100% pour la formule 1 , mais beaucoup d’autres formules ne sont guère plus attractives ou seulement compréhensibles pour le commun des mortels ( FIA GT…pro / am …blancpain..GTE etc…).Et si quelqu’un prend son pied en voyant une manche du WTCC à Marrakech ( quel circuit ! )…tant mieux !
    Quant aux commentaires en direct…ce n’est pas un “fantastic job” , pour employer “la” phrase” culte des team managers …à l’arrivée des GP.
    Vive la F1 des années 80,voire 70 : On veut des Hunt,Rindt,Siffert,Rodriguez,Jones,Courage,Jarier,Pryce,Regazzoni,Beltoise,Cevert,Hailwood,Merzario,Laffite,Rosberg,Arnoux,Tambay,Mansell etc,etc…
    J’ai même l’impression que Kimi ne va pas rester longtemps…

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