François GUITER, un homme, une marque, une passion…des Pilotes!

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Updated: February 6, 2014
François Guiter - copie

François GUITER, un homme, une marque, une passion, des pilotes!

 

“Je me suis retrouvé dans ce bruit… ”

Nageur de combat, plongeur, François Guiter a lancé de nombreux pilotes dans le grand bain…de la F1 ! car cet amoureux de la nature, passionné de chasse, a mené plusieurs carrières dans sa vie. Militaire, cinéaste, publicitaire entre autres, celui qui a travaillé aussi bien avec Cousteau que Tazieff, a surtout contribué à l’essor du pétrolier Elf et tenu un rôle majeur dans le sport automobile. Notamment pour de nombreux pilotes français. “ moi qui venais du monde du silence, la mer, imaginez vous, je me suis retrouvé dans ce bruit. “ Cela a duré plus de trente ans. “ je compte 500 week end de course, F1, F2, F3…Le Mans, rallye, moto…  raconte Guiter qui, aujourd’hui encore, ne manque aucun GP, qualif comprise.  j’ai une admiration aussi pour les motards, en motogp ou en rallye raid.  Une heure d’entretien paraît bien insuffisante pour raconter Mr Guiter. Lui a prévu un livre avec 1000 photos, qu’il destine à ses proches. Pour partager ces différents moments de sa vie, si riche. Voici quelques exemples, parmi tant d’autres qui auraient mérité aussi d’être mentionnés….

 

LE RISQUE

“En sport auto, il y avait un truc qui ne me plaisait pas. A cette époque, il était dangereux d’être pilote. Beaucoup ont disparu dans des accidents. J’avais donc l’impression d’envoyer tous ces gars au casse pipe. Par rapport à mes activités passées, c’était incohérent. ”

 

POURQUOI LE SPORT AUTO ?

“Une fois la création et la campagne de communication de lancement de Elf, attention les ronds rouges arrivent !, achevées, il nous fallait trouver un créneau pour communiquer. Après consultation interne, nous avons décidé de relancer la France dans le sport automobile et de lui faire retrouver les sommets. Nous avons entamé une démarche technique, de détection mais aussi de sponsoring et de communication avec de nombreux films, souvent récompensés ; Nous avions une démarche assez violente. Pour réussir, nous n’hésitions pas à marcher sur la tête des autres. On ne nous aimait pas, au départ. Je me souviens qu’à Reims, nous avions loué un stand au circuit, qui était alors aux couleurs BP. On peint notre stand à nos couleurs Elf et le lendemain, il est de nouveau BP. Nous le remettons à nos couleurs et résistons au propriétaire. Au besoin, nous l’annonçons : nous engagerons des gens pour surveiller notre stand et décourager ceux qui voudraient le repeindre. Autre exemple : En Angleterre, nous nous sommes accrochés avec la BBC qui menaçait de ne pas retransmettre le GP si nous n’enlevions pas nos publicités sur les voitures de Tyrrell, nos autocollants comme ils disaient. Nous leur avons répondu, ‘’ok faites comme vous voulez , nous nous contenterons de la retransmission internationale.’’ Il fallait le faire, c’était la BBC en Angleterre. Un crime de lèse majesté ou presque.”

Sir Jacky STEWART, Victoire, dans les rues de la Principauté

Sir Jacky STEWART, Victoire, dans les rues de la Principauté

SOUVENIR, SOUVENIR

“Comme événement marquant, je citerais Zandvoort 1968. Il s’agit de la première course que l’on a gagnée en F1, avec Stewart sur la Matra-Ford. Depuis 14 ans, une équipe française ne s’était plus imposée en F1. J’étais tellement certain qu’on allait accrocher la victoire que j’avais déjà fait préparer une annonce. Le hic : je n’avais pas prévu le doublé. En effet, Beltoise, sur la Matra-Matra, s’est classé 2è ce jour-là. Il m’a fallu rajouter sa F1 à toute vitesse sur la campagne.

Puis nous avons aussi participé activement au développement des caméras embarqués…quasiment incontournables et indispensables aujourd’hui dans toutes retransmissions!

Un autre épisode est important pour moi: notre moto expérimentale, une moto révolutionnaire. Ingénieur chez Renault, encore à cette époque, Andre de Cortanze s’était cassé la jambe. Il en avait pour huit mois. Je lui dis alors : ‘’la moto a un siècle de retard, dessine moi donc un truc avec un siècle d’avance.’’’ Résultat, sur cette moto, Honda nous a racheté 13 brevets. C’est simple, quand Soïchiro Honda, le patron, est venu à Paris en visite et qu’il a vu notre moto, il paraît qu’il a ensuite passé un savon à ses ingénieurs au japon. Il leur aurait dit : ‘’il faut que je vienne en France pour voir quelque chose d’intéressant sur une moto ! ”

ELF-HONDA

ELF-HONDA

DES HOMMES….

“En sport auto, la partie technique, notamment en F1, est particulièrement excitante. Je me souviens avoir acheté un moteur Cosworth, avant que nous ne nous lancions en F1, pour l’étudier. tant sur le carburant, que sur l’huile. En F1, chaque année, nous proposions 100 carburants différents. Nous avons poussé pour le V6, le turbo….mais surtout, je dois dire que, dans ce milieu, j’ai rencontré des gens extraordinaires. Des patrons décidés et décideurs. Que ce soit chez Elf, Matra, Tyrrell, Renault… Des pilotes. Ah les pilotes. Sur les 1000 que nous avons fait courir, j’ai du avoir des soucis avec deux: l’un pour de l’argent, l’autre pour un choix d’orientation. Et avec notre école Elf au Ricard, nous avons amené 15 pilotes en F1.

Finale du 1er Pilote ELF

Finale du 1er Pilote ELF

Le premier pilote Elf à sortir de notre école: Patrick Tambay. Il aurait été champion du monde si un kiné ne lui avait pas bousillé le dos…..ensuite, il y a eu Pironi. Et bien après, Alain Prost. Notre école servait de détection. Dans un premier temps, il fallait terminer dans les 5, pour concourir à la finale qui attribuait le contrat. Prost, en service militaire en Allemagne à ce moment là, s’était arrangé pour finir 5è ; il endormait en fait ses adversaires, car le jour de la finale il les a écrasés. Sa première année, en Formule Renault, il a gagné 11 courses sur 12. La 12è son moteur a cassé….En parlant de Prost, je dois aussi parler de Senna. Je me rappelle ses jours de victoire. Si je puis dire, pour son équipe, c’était terrible, car pas de temps à perdre, il fallait dès le GP fini, analyser la course.

Jacky Stewart, avec qui je suis devenu ami, a souvent souligné le caractère dangereux de la F1 dans ces années là. Quand François Cevert est décédé, c’était trop pour lui ; François devait lui succéder. François, il avait tout : la classe, l’intelligence.

François CEVERT

François CEVERT

Oui je peux le dire, j’ai rencontré des gens supers. Prenez Jean Claude Andruet. Sur un Tour Auto, à Nice, je l’attends pour le départ de sa voiture. Pas de Jean Claude. Le directeur de course s’impatiente et je vois Jean Claude arriver: “j’ai écrasé une mouette, je l’ai déposée chez le vétérinaire. Il faudra que j’appelle….” Ou encore Ragnotti qui lisait le journal au volant et soudain, faisait un 360° sur l’autoroute….. ”

ET DES FEMMES

“Cathy Muller a été, je crois la seule femme lauréate du pilote Elf. En Formule Renault, les garçons lui ont mené la vie dure, en particulier deux frères pendant une course. A l’arrivée, elle les a attendus pour leur coller une paire de gifles royale à chacun.

Quant à Michele Mouton, c’est en lisant L’Equipe, que j’ai appris que son Alpine avait brûlé. J’ai demandé qu’on lui confie une auto et qu’on la sponsorise. En 1982, elle aurait dû être championne du monde. Elle perd le titre lors de la dernière épreuve. Dans la nuit précédant la course, elle avait appris le décès de son père. Elle termine 2e, la meilleure place jamais obtenue par une femme.

Au Mans, en 1975, Marie Claude Beaumont et Lella Lombardi auraient pu gagner les 24 heures, sur leur Alpine, sans une erreur de calcul des ingénieurs, les faisant tomber en panne d’essence….. ”

"Un volcan...."

Michèle Mouton “Un volcan….”

AUJOURD’HUI

“En matière de communication, je suis admiratif de ce qu’a réussi aujourd’hui Red Bull, une boisson énergétique. Avec Elf, nous avions lancé les films sur le sport auto, la réception des journalistes dans un motor home….

Pour la France, je trouve cela dommage que nous n’ayons plus de GP. De même, alors qu’une série électrique (la Formule E) démarre, il faudrait que la France se manifeste.

Actuellement, je dois reconnaître que je suis triste pour Alonso. Je l’ai rencontré quand il était chez Renault (deux titres pour l’écurie), tout comme Schumacher (1995 avec Benetton). Je suis déçu pour Alonso car pour moi, c’est le meilleur pilote du moment. Mais il n’a pas toujours eu la voiture….”

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