“La chasse aux sponsors expliquée par Gregoire Akcelrod”, by Hughes Chevalier

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Updated: June 20, 2013
Williams_Sponsors

 

A l’heure où l’économie mondiale ralentit, il devient de moins en moins
évident pour de jeunes talents de se lancer dans le sport automobile, faute
à un manque de budget qui touche toutes les catégories, y compris la Formule
1. Pour essayer de comprendre le problème, nous avons rencontré Grégoire
Akcelrod, directeur du département marketing et sponsoring de l’équipe Team
RFR, qui a accepté d’analyser pour nous la situation.

Pour le spécialiste, deux difficultés majeurs qui rendent difficiles la
signature de sponsors pour les jeunes pilotes. « Le problème vient d’une
part de la conjoncture économique en Europe qui ne favorise pas
l’investissement des entreprises et d’autre part, du manque de vision à long
terme que souhaite obtenir les partenaires. Avec les contraintes budgétaires
dues à cette crise, les entreprises ont besoin d’optimiser leur budget
marketing et prennent moins de risque. Ils souhaitent s’inscrire dans un
projet solide, ambitieux et à long terme qui leur montrera le retour sur
investissement de ce sponsoring. Le problème dans le sport automobile, c’est
qu’il y a une grande part d’incertitudes du coté sportif, ce qui fait son
charme, mais peut aussi freiner certains annonceurs. »

Quand on lui demande ce que peuvent rechercher les sponsors, sa réponse est
unanime. « Quand une entreprise investit dans le sponsoring sportif, elle
cherche en priorité à s’approprier les valeurs de ce sport et si possible
parrainer une écurie ou un pilote qui gagne ! » Mais pour lui, le palmarès
sportif ne suffit pas « Dans toutes les catégories, un pilote avec un
palmarès mais aussi une bonne image augmentera ses chances pour signer des
sponsors. Il est aussi intéressant de savoir se démarquer par le marketing.
La communication commence dès le plus jeune age ! ». Dans tous les cas,
faire une généralité ne servirait à rien, comme nous le rappel Grégoire
Akcelrod « Chaque sponsor a une demarche spécifique qui l’amenera à
sponsoriser une ecurie ou un pilote. Certains ont un besoin de notoriété et
vont s’attacher à communiquer sur l’image que leur apporte leur partenariat,
alors que d’autres vont devenir sponsor pour développer leur réseaux
professionnels afin de rencontrer, pendant les Grand Prix, d’éventuels
investisseurs, leaders d’opinion et entrepreneurs. Avec plus de 200
entreprises internationales qui sponsorisent des écuries F1 et qui sont
présents chaque week end de course, c est un endroit rêvé pour développer
son B2B. Genii Business Exchange en est le parfait exemple avec Lotus F1. »

Gregoire Akcelrod (FRA). Team RFR

Peu importe la manière d’attirer un sponsor à lui, un pilote doit ensuite
savoir construire une relation de confiance et répondre aux attentes placées
en lui, afin de pouvoir maintenir une relation durable. De par son
expérience sur le terrain, le directeur marketing ajoute : « Pour qu’un
partenariat soit efficace et durable, plusieurs éléments rentrent en compte,
premièrement il est indispensable d’avoir un minimum de résultats sportifs
pour engendrer une dynamique positive. Au delà de ça, il est aussi très
important d’avoir une bonne communication et d’utiliser tous les supports
possibles de l’écurie et/ou du pilote (site internet, réseaux sociaux,etc..)
Il faut aussi savoir innover et créer des événements sur et hors des Grand
Prix permettant d’instaurer une relation de confiance et montrer son
attachement à ce sponsor. Encore une fois, chaque partenaire est différent
et leurs attentes ne sont pas les mêmes donc il est difficile de faire une
généralité. Ritmo Mundo (partenariat conclu lors de la saison 2012 avec Team
RFR ndlr) utilisait principalement Team RFR pour promouvoir ses montres en
Russie alors que Gazprom (Sponsor principal de l’équipe Franco-russe)
mettait en avant son sponsoring grâce à un plan de communication externe et
interne très efficace. »

Pour conclure, nous lui avons demandé comment ce sport pouvait être relancé,
à commencer par notre pays. Pour Grégoire Akcelrod, cela passe par
l’innovation et par l’encouragement aux jeunes de poursuivre leur voie : «
La France reste une place importante du sport automobile, nous comptons de
nombreux grands constructeurs, quatre pilotes français courent en F1 et nous
avons le chance d’avoir un champion d’exception comme Sébastien Loeb.
Cependant, il faudrait créer une nouvelle dynamique en donnant plus
d’importance aux moteurs hybrides, en développant de nouvelles technologies
et en organisant dans un futur proche un Grand Prix en France. Je voudrais
aussi mettre en valeur tous les championnats de promotion qui existent dont
les World Series qui permettent aux futurs talents d exploiter tous leurs
potentiels ! »

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